Si les concessionnaires ont vendu moins de véhicules en 2020 (voir ici tous les chiffres de ventes de véhicules neufs au Québec en 2020), reste qu’en creusant un peu, le portrait de la situation est loin d’être aussi catastrophique que ne le laissaient présager les premiers pronostics « pandémiques ». Même qu’après l’analyse de 48 740 transactions de véhicules neufs l’an dernier au Québec, ainsi que de 267 567 transactions à travers le Canada, l’équipe de JD Power peint un bilan surprenant des ventes enregistrées dans la Belle Province. En voici les grandes lignes.

 

Qui achète des véhicules

L’an dernier au Québec, 44,3 % des véhicules neufs ont été vendus à des femmes – une avancée de 5 % par rapport au reste du pays. Cette moyenne québécoise n’a cependant pas changé au cours des trois dernières années. 

Toujours en 2020, l’âge moyen des acheteurs québécois a été de 50 ans, alors qu’il a été de 48 ans au Canada. Les acheteurs dans la tranche d’âge des 18-35 ans n’ont représenté que 22 % des transactions au Québec. 

Sexe: 56% homme / 46% femme

Âge moyen : 50 ans  (faire un graphique rond)

  • 18-35 ans: 22%
  • 36 – 55 ans: 40%
  • 56+: 38%

 

(Un peu) moins de location…

 

En 2020, seulement 38 % des transactions de véhicules neufs au Québec ont été conclues sous forme d’une location. Il s’agit d’une baisse de 2 % par rapport à l’année précédente. 

Cela étant dit, les Québécois demeurent les champions de la location à travers le pays, là où ce mode d’acquisition n’a représenté que 27,7 % de toutes les transactions l’an dernier.  

Selon Robert Kowel, directeur principal, PIN/Division automobile chez JD Power pour le Canada : « L’une des raisons expliquant l’appétit des Québécois pour la location, comparativement à leurs confrères canadiens, est leur prédilection pour les véhicules de luxe et, en contrepartie, celle un peu moins grande pour les camionnettes. Rappelons en effet que le luxe est souvent lié à des locations, alors que les camionnettes sont plus souvent associées au financement à l’achat. »

Le coût moyen d’une location au Québec en 2020 s’est établi à 573 $, ce qui constitue une hausse de 20 $ par mois par rapport à l’année précédente. Au Canada, cette moyenne s’est fixée à 623 $ par mois, ce qui représente aussi une augmentation d’environ 20 $. 

Le résiduel moyen est passé de 16 882 $ à 19 575 $, un important bond de 2693 $ en une seule année. Toujours selon M. Kowel, le principal facteur pour expliquer cette augmentation réside dans la hausse considérable du prix des véhicules vendus en 2020 (+5 % en un an). 

 

 

…et plus de financement à (très) long terme 

Moins de location signifie plus de financement. Dans la Belle Province, l’an dernier, plus de la moitié des transactions (51,5 % pour être exact) l’ont été sous forme de financement, ce qui s’est traduit par une augmentation de 3 % versus 2019. Soulignons que 10,5 % des transactions « québécoises » ont été réglées en argent comptant.

Toujours l’an dernier au Québec, le montant financé moyen s’est établi à 41 218 $; il s’agit là d’une augmentation de 2500 $ par rapport à 2019. Par contre, ce montant demeure nettement sous la moyenne canadienne de 45 727 $ qui, elle, a crû de près de 3000 $.

Pour l’ensemble des transactions financées au Québec, la mensualité moyenne a atteint 602 $ par mois, soit 10 $ de plus qu’en 2019. Quant au terme moyen, il s’est situé à 64 mois. 

Cela étant dit, le tiers des financements l’ont été pour des termes de plus de 72 mois – et le quart, pour des termes de plus de 84 mois. Dans les deux cas, il s’agit d’augmentations d’environ 10 % par rapport à 2019, ce que JD Power explique encore une fois par la hausse du prix des véhicules cédés l’an dernier.

Par ailleurs, on note qu’en 2020 au Québec, 90 % de la valeur de l’achat automobile a été sujette à du financement et que 30 % des transactions ont impliqué de l’équité négative. De plus, les prêts ont représenté 112 % de la valeur du véhicule, une hausse d’un point par rapport à 2019. D’ailleurs, la mise de fonds des acheteurs québécois s’est réduite de 216 $, pour un total moyen qui s’est établi à 5680 $ ou 12,17 % de la valeur de leur achat. 

Type de transactions: 

  • Financement : 51%
  • Location : 38%
  • Comptant : 11%

Location (moyenne): 

  • Paiement de location mensuel : 572 $
  • Résiduel : 19 575 $

Financement (moyenne)

  • Montant financé : 41 218 $ (+11% depuis 2018)
  • Paiement : 602 $ (+6% depuis 2018)
  • Financement impliquant de l’équité négative : 30,34% (+10% depuis 2018)
  • Financement 72 mois + : 32% des contrats financés (+40% depuis 2019)
  • Financement 84 mois + : 25% des contrats financés (+53% depuis 2019)

 

Days to turn

Règle générale, les véhicules neufs se vendent plus rapidement au Québec qu’à travers le pays. Cette année n’a pas fait bande à part : la moyenne du days to turn (DTT) s’est fixée à 70 jours, contre 82 pour l’ensemble du Canada. Cette moyenne québécoise est cependant en hausse par rapport aux années précédentes (61 jours en 2018 et 64 en 2019). À nouveau, M. Kowel explique : 

« Au printemps, lorsque les usines de construction automobile ont fermé et que l’approvisionnement en véhicules est tombé à sec, les consommateurs se sont mis à acheter des modèles que les concessionnaires avaient en stock, incluant ceux qui se trouvaient dans le fin fond de la cour depuis belle lurette. Ainsi, la hausse du DTT n’est pas liée au désintérêt des consommateurs durant la pandémie, mais bien parce que l’inventaire était limité. »

Lorsque les usines ont repris leurs activités, le DTT a (re)commencé à fondre à travers le pays. De fait, les véhicules se sont vendus comme des petits pains chauds et, dans le cas de certaines marques, le DTT s’est même réduit à 50 jours. 

Days to turn (moyenne): 

Québec: 70 jours

Canada: 82 jours

 

F&A : un bon score en 2020 

Si l’on fait une moyenne des produits vendus à chacune des ventes analysées par JD Power en 2020, dans son ensemble, les services de F&A ont contribué à augmenter les revenus des concessionnaires québécois, générant des profits moyens de 497 $ par véhicule vendu. C’est 20 $ de plus qu’en 2019 et 40 $ de plus qu’en 2018.

Plus précisément, les ventes d’assurance accident et invalidité ont rapporté en moyenne 986 $ aux concessionnaires de la Belle Province. C’est 69 $ de plus que pour l’ensemble du Canada, et ce, même si la prime moyenne coûte environ 100 $ de moins au Québec (moyenne de 2435 $). Seule tache au tableau : le niveau du taux de pénétration de ces produits a chuté au Québec. Il était de 7,2 % en 2018, il a clôturé 2020 à 5,6 %. Notons que ce même taux de pénétration n’est que de 3,8 % au pays. 

Le portrait est pratiquement identique quant à la vente d’assurance-vie, avec un profit moyen de 843 $, soit une hausse de presque 100 $, malgré une prime moyenne (2086 $) d’environ 150 $ moins coûteuse qu’ailleurs au pays.

Sur le plan des contrats de service, le taux de pénétration est demeuré exactement le même en 2020 qu’en 2019, soit de 28,7 %. Vendus en moyenne à 2317 $, ils rapportent 1097 $ aux concessionnaires.   

Le financement sur les véhicules neufs a aussi livré son lot de profits. De 356 $ en moyenne en 2018 il a rapporté aux concessionnaires du Québec quelque 427 $ en moyenne en 2020. C’est certes un peu moins élevé que pour l’ensemble du Canada (495 $), mais il faut considérer que le prêt moyen au pays est supérieur (45 767 $) qu’au Québec (41 218 $).

 

F&A: Revenus et profits (moyenne)

  • Revenus sur le financement : 427 $
  • Revenus sur l’assurance vie : 843 $
  • Revenus sur les contrats de service : 1094 $
  • Revenus sur les assurance accidents et invalidité : 986 $
  • Profit du département F&A / véhicule vendu : 497 $ (+9% depuis 2018)

  

Plus de profit par véhicule vendu

Le PDSF moyen des véhicules vendus au Québec en 2020 a atteint 39 008 $. Le prix moyen desdits véhicules s’est établi à 38 888 $ (37 068 $ si on inclut les rabais du constructeur). En fin de compte, les concessionnaires ont conservé en moyenne 2088 $ de profit par véhicule vendu. 

Pour mettre les choses en perspective, le profit moyen par véhicule vendu était de 1837 $ en 2018 et 1847 $ en 2019. 

De plus, dans le reste du pays, même si le PDSF moyen des véhicules est nettement plus élevé – affichant une moyenne de 45 594 $ – le profit moyen, lui, s’est fixé à 1957 $, soit 131 $ sous le profit moyen des concessionnaires du Québec. 

$ / véhicules moy.

  • PDSF : 39 008 $ (+10% depuis 2018)
  • Profit par véhicule (profit brut) : 2088 $ (+14% depuis 2018)
  • Marge de profit : 5,4%

 

Référence

Toutes les statistiques dans cet article sont basées sur l’analyse, par l’équipe de JD Power grâce à son PIN Network, des 48 740 transactions de véhicules neufs enregistrées l’an dernier (2020) au Québec, ainsi que des 267 567 transactions enregistrées à travers le Canada. 

 

 

 

 

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